La bat mitsva, fille du commandement, marque pour les filles la même entrée dans la majorité religieuse. Elle intervient à douze ans révolus, un an plus tôt que pour les garçons, l'usage retenant une maturité plus précoce. Sa célébration publique est en revanche récente, et ses formes varient beaucoup plus.
La première bat mitsva célébrée publiquement dans une synagogue est celle de Judith Kaplan, à New York en 1922, à l'initiative de son père Mordecai Kaplan, fondateur du judaïsme reconstructionniste. L'usage s'est ensuite répandu dans les courants libéraux, puis massorti, avant d'atteindre sous des formes différentes une partie du monde orthodoxe. Le judaïsme orthodoxe ne conteste pas le statut, ancien et incontesté, mais la forme de sa célébration.
Dans les communautés libérales et reconstructionnistes, la cérémonie est identique à celle des garçons : montée à la Torah, lecture, haftarah, port du talit. Le judaïsme massorti suit la même voie dans la plupart de ses congrégations. Dans le monde orthodoxe, la célébration prend d'autres formes : étude et enseignement donné devant l'assemblée, discours sur un thème de la tradition, cérémonie collective de plusieurs jeunes filles, ou fête familiale sans acte liturgique.
La majorité religieuse rend la jeune fille responsable des commandements qui lui incombent. La tradition l'exempte de ceux qui sont liés à un moment précis de la journée, exemption dont la portée exacte fait l'objet de discussions anciennes. Trois commandements sont traditionnellement associés aux femmes : le prélèvement de la hallah, les lois de pureté familiale et l'allumage des bougies du chabbat, ce dernier étant celui que la cérémonie met souvent en avant.
Elle porte, comme pour les garçons, sur l'hébreu, les textes et le sens du passage étudié. Là où la lecture publique n'est pas d'usage, la préparation s'oriente vers un travail d'étude approfondi, présenté sous forme de discours, ce qui déplace l'exercice de la performance vocale vers la construction d'un raisonnement.
Les usages de la fête ne diffèrent pas de ceux des garçons : repas, discours, présence de la famille élargie, cadeaux souvent orientés vers l'étude ou vers un objet transmissible. Comme pour la bar mitsva, l'écart entre la sobriété du rituel et l'ampleur parfois prise par la réception fait l'objet d'un rappel régulier des rabbins.